N° 357 du mercredi 20 octobre au mardi 26 octobre
1999 de Sandrine Quiska.
Y'a des jours comme ça où l'on enverrait bien tout balader, métro, boulot,
train-train notre héroïsme ne se résume pas au slalom en Caddie dans un
supermarché bondé ou à la maîtrise de soi dans un embouteillage. Le rêve
? jouer la GI-jane en volant dans une drôle de machine Inconcevable autour
de Paris ? Bien sûr que non. A quelques stations de RER, à La Ferté-Alais
l'aventure vous attend. La preuve... "Dire que j'appréhende ce vol en
ULM est un doux euphémisme... L'OV(N)I, rudimentaire, est une sorte de
mobylette à deux sièges toute mignonne, propulsée par une hélice et coiffée
d'une aile bariolée. Le maître des lieux me rassure et m'enseigne le b.a.-ba.
De toute façon, je n'aurai pas grand-chose à faire, sinon lui tenir fermement
les épaules. "ça va ? On y va ?" Ouais, ouais, on y va, mais molo, d'accord
? J'enfourche la bête, casquée et munie d'écouteurs (encore ! ) qui nous
permettent de communiquer. Il s'installe, attrape les commandes (un trapèze
relié à la voile) et met les gaz. L'insecte roule sur l'herbe avant de
s'élever gracieusement dans le ciel, Mamma mia ! Je tremble de froid et
de Peur. Je suis complètement cinglée d'avoir accepté de me retrouver
à 600 mètres d'altitude, assise sur un siège minuscule attachée par une
ceinture de sécurité rikiki ! Le vent nous secoue allègrement. j'essaie
de concentrer mon attention sur le paysage de l'Essonne. Oh ! la jolie
forêt, la jolie rivière, le joli château... Curieusement, ça marche. Je
me détends peu à peu, jusqu'à n'avoir (presque) plus peur. Tout devient
magique. L'engin, très maniable, permet de faire du rase-mottes au-dessus
des champs de blé, de survoler des troupeaux de chevreuils et de biches
Je suis éblouie. Nous volons à présent en direction de l'aérodrome, Un
petit tour de piste pour placer notre monture dans le bon courant d'air
et nous atterrissons en douceur. Eh, m'sieur ! On peut refaire un tour
s'il te plaît?
JOURNAL DE L'ESSONNE N° 4 Nouvelle Formule MAI 1999.
Il n'est pas nécessaire de disposer d'une piste, une surface plane
suffit pour se transformer en homme oiseau et vivre une expérience fascinante
à bord d'un ULM pendulaire.Fabien Lecluyse, créateur et pilote de la compagnie
AIR'L vous emmènera faire votre baptême après vous avoir coiffé d'un casque,
muni d'écouteurs et d'un micro pour que, tout au long du vol vous puissiez
communiquer avec lui. Vous trouverez les ULM au bord du terrain, à une
centaine de mètres sur la gauche du restaurant "1' Amicale" à l'aérodrome
de Cerny-la-Ferté-Alais. Cette première expérience vous donnera, sait-on
jamais, l'envie d'apprendre à piloter. La formation théorique et pratique
fait partie des activités d'AIR'L.
jeudi 15 juin 2000.
Les photos de l'événement C'est la fête aérienne toute l'année
Une nonagénaire fait baptême de l'air en ULM L'aérodrome a une vie après
la fête aérienne de la Pentecôte. Tous les week-ends, si la météo le permet,
l'aérodrome ouvre ses portes au public souhaitant faire son baptême de
l'air. Pour fêter son anniversaire, Marguerite, 92 ans depuis quelques
jours, est venue avec ses enfants visiter le musée Jean-Baptiste Salis.
"Je suis alors tombée en arrêt devant une drôle de petite machine", confie
la vieille dame. Fabien Lecluyse, le pilote de l'engin, un ULM (Ultra
Léger Motorisé), confirme à la nonagénaire sceptique que l'appareil vole
et lui propose de l'emmener dans les airs. Marguerite, nullement impressionnée,
accepte. Elle en vu d'autres, fille de cultivateurs du Nord de la France,
elle passe son permis de conduire en 1920, et à 18 ans, Maguerite prend
le volant de la de Dion-Bouton de son père. Toute sa jeunesse Marguerite
rêve en voyant passer au-dessus de sa tête un engin volant que son propriétaire
a construit artisanalement et qu'il utilise pour se rendre à son potager
à une trentaine de kilomètres de chez lui. Elle attendra d'avoir 70 ans
pour effectuer son premier vol, à l'occasion d'un voyage au Canada. Alors
pourquoi pas un vol en ULM ? Fabien Lecluyse l'installe dans l'appareil,
l'équipe du casque et des écouteurs (pour communiquer en vol). C'est l'heure
du décollage ! "Je me souviens avoir serré les épaules de Fabien pendant
une minute, explique Maguerite. J'avais peur que l'appareil ne chavire
si je penchais la tête pour regarder en bas. Mais il m'a rassurée et j'ai
passé un moment fantastique. Le pilote a même lâché les commandes pour
me montrer que l'appareil était capable de voler tout seul. Comme il était
trop tard Fabien n'a pas pu aller survoler ma maison, mais je reviendrai
et je revolerai". M.G.
jeudi 10 août 2000.
Le rêve d'Icare sans se brûler les ailes Pilote Confirmé depuis plus de
quinze ans, Fabien Lecluyse, avec ses ailes delta motorisées rouges et
jaunes, dispense des cours de pilotage et propose des baptêmes de l'air
en ULM (ultra-léger motorisé), Survoler l'lle-de-France devient alors
à la portée de tout le monde. Si l'aérodrome Jean-Baptiste Salis, sur
le plateau de l'Ardenay, a acquis sa réputation avec le fameux meeting
aérien de la Pentecôte, il n'en reste pas moins actif tout au long de
l'année. Les habitants de la région ont pris l'habitude de lever le nez
en entendant un moteur dans le ciel. Depuis quelques années, ils aperçoivent
régulièrement une aile delta rouge ou jaune motorisée qui survole l'Ile-de-France.
Après un cursus professionnel bien rempli, Fabien Lecluyse, à un tournant
de sa vie, décide d'exploiter sa passion de l'ULM (uItra-léger motorisé)
pendulaire. Pilote breveté depuis plus de quinze ans, il commence par
animer des manifestations régionales pour des associations, participe
au meeting aérien de Cemy et constate que les démonstrations de vol ou
les baptêmes de l''air remportent un Immense succès. Le nombre de visiteurs
qui se renseignent sur les endroits où il est possible d'apprendre à piloter
de tels engins augmente chaque jour. C'est ainsi qu'avec l'aide de la
chambre de commerce et de l'industrie de l'Essonne et de tous ceux qui
ont cru dans le développement de l'ULM pendulaire, Fabien Lecluyse crée
son centre de formation de pilotes, quasiment unique dans le sud dé l'Ile-de-France
: Air'L Les élèves doivent, avant de pouvoir jeter un regard aérien sur
leur région, étudier la théorie. En général, une dizaine d'heures suffisent
pour que l'élève puisse enfin pratiquer et être lâché dans les airs, sous
le contrôle et à vue d'un instructeur au sol. Le débutant devra ensuite
passer l'examen théorique à la SFAC (service de formation de 1'aviation
civile) qui lui permettra d'obtenir sa licence pour piloter seul à bord.
Entre 30 et 50 heures de pratique supplémentaires sont obligatoires pour
obtenir la qualification qui autorise à transporter un passager et peut-être
si les moyens du futur pilote le lui permettent, de s'offrir, pour le
prix d'une grosse voiture, une de ces merveilleuses machines. Mais pour
ceux qui ne veulent pas s'offrir le plaisir de se prendre pour un oiseau
avec des sensations quelquefois plus fortes qu'avec certains avions à
réaction, Air'L et Fabien Lecluyse proposent, tous les jours sur l'aérodrome,
lorsque la météo le permet, un baptême de l' air, et des journées événementielles
que le club organise régulièrement. Michèle Goumaz.
26 juillet 2001 par Benjamin
Hugodot.
Baptêmes de l'air et vols découverte en ULM Balade aérienne
sur la moto du ciel L'ULM reste méconnu et pâtit d'une réputation aujourd'hui
obsolète. E réalité, et contrairement aux idées reçues, ce planeur ultra
léger motorisé jouit d'une sécurité fiable et permet de s'envoler facilement.
Un pur moment de plaisir, avec une rare impression de sécurité. Voilà
le sentiment qu'éprouvent celles et ceux qui auront, au moins une fois,
volé en ULM. Cette grande moto des airs se compare idéalement à nos engins
motorisés à deux roues. A un détail près : la balade ne se fait pas sur
un bitume graveleux mais sur un nuage de douceur. Après avoir enfourché
l'engin, une sorte de karting à trois roues sur lequel est posé un immense
cerf-volant, puis avoir branché les casques pour communiquer en vol entre
le moniteur et l'accompagnateur, le décollage est imminent. Pour éviter
un risque inattendu, le mieux est de poser les mains sur les épaules du
pilote, ce qui évitera d'agripper l'armature métallique de la voilure.
Un réflexe qui peur occasionner une gêne dans le pilotage de l'engin.
Montre en main, il ne faut pas plus de cinq minutes pour s'envoler. Une
sensation assez impressionnante qui ne dure que quelques secondes. Après
un décollage rapide et presque vertical, on jouit d'un cadre visuel exceptionnel
: pas de fenêtre pour réduire la vision, les pieds dans le vide mais le
corps bien sanglé. Après quoi, on profite d'une promenade aérienne somptueuse.
Une vue splendide Ainsi la croisière aérienne offre une sensation de liberté
précieuse. D'autant qu'il ne souffre d'aucune turbulence ou presque. Quelques
vents peuvent brusquer la promenade, mais rien de bien inquiétant. La
maniabilité de l'ULM offre une pratique extrêmement souple. A bout de
bras le cadre de la voile serré dans les mains, la navigation reste aisée.
Le balancement en douceur rappelle encore une fois les virages empruntés
par les motos sur les routes départementales. Pas de stress donc. Et de
toute façon, Fabien Lecluyse contrôle tout. Pour lui la sécurité est un
gage majeur de confort et de réussite. Passionné d'ULM, il ne vit que
pour ça : " il y a seize ans, j'étais au salon du Bourget... un stand
présentait ce nouvel engin, à l'époque méconnu. La semaine suivante j'étais
dans une école ". Depuis, il a ouvert sa propre structure. Basé à l'aérodrome
de Cerny, près de la Ferté-Alais, il suggère d'initier ceux qui souhaitent
" monter en haut ". Propriétaire de trois ULM pendulaires, il propose
des vols de dix minutes à une demi-heure pour un baptême de l'air ou une
promenade originale et ce pour un prix relativement faible. Enfin pour
ceux qui préfèrent être autonomes, il propose une formation complète d'une
quinzaine d'heures, débouchant sur un examen et un diplôme. Un enfant
de trois ans et demi et une grand-mère de 92 ans ont déjà volé en sa compagnie.
Comment ça marche ? Ce type d'appareil se pilote par déplacement du centre
de gravité. Les moteurs deux temps permettent une vitesse comprise entre
50 et 145 km/h pour une autonomie moyenne, grâce au réservoir de 60 litres,
de 4 heures. De type biplace en longueur, il offre un niveau sonore extrêmement
faible, grâce à son hélice quadripale. L'engin pèse 210 kgs. " le matériel
a largement évolué depuis quelques années, aussi bien au niveau de la
maniabilité et du confort qu'au niveau de la sécurité. Il est autostable
et s'équilibre tout seul ", précise Fabien. Parfaitement intégré dans
la réglementation aérienne, il permet d'évoluer jusqu'à 12 500 pieds,
soit 4 000 mètres. " Et encore on pourrait monter plus haut, mais il faudrait
des bombonnes d'oxygène pour pouvoir respirer ", souligne-t-il. Aujourd'hui
ce passionné souhaiterai développer encore plus cette activité à travers
un centre technique d'ULM. En étant tributaire de l'aérodrome de Cerny,
les contraintes demeurent nombreuses. " C'est la raison pour laquelle
je veux trouver un terrain pour créer une base d'ULM, et ouvrir un hangar
et une piste. Mais je peine à trouver l'endroit ", ajoute ce passionné,
qui sait combien sa situation actuelle est difficile.